Le déploiement d'un programme de sensibilisation sous NIS2 n'est que la première étape. L'enjeu critique pour le CISO en 2026 est de satisfaire à l'obligation de surveillance de la mise en œuvre dictée par l'Article 20 de la directive NIS2. Pour y parvenir, le reporting doit s'extraire de la technique pour parler le langage de la direction : celui de la résilience opérationnelle et de la protection de la valeur.
Le taux de complétion (le pourcentage d'employés ayant suivi une formation) est une donnée nécessaire mais insuffisante. Pour un administrateur, elle ne prouve pas la réduction réelle du risque.
Un reporting mature doit se concentrer sur le Phish-prone™ Percentage (PPP). C’est la métrique de référence qui permet de quantifier la vulnérabilité comportementale. Selon le Phishing By Industry Benchmarking Report 2025 de KnowBe4, une organisation qui ne sollicite ses équipes qu'une fois par an maintient un PPP moyen supérieur à 30 %. Le Board doit pouvoir visualiser la trajectoire de descente de ce score vers un objectif de maturité situé autour de 5 % après 12 mois de formation continue.
Pour capter l'attention du Board, le risque humain doit être traduit en enjeux financiers. En s’appuyant sur des modèles de valorisation des risques cyber, un point de baisse du Phish-prone™ Percentage peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de risques évités, en fonction de la taille de l’organisation et de la criticité des actifs.
Cette approche permet au CISO d'intégrer deux dimensions clés au "Business Case" cyber :
Un reporting efficace pour le COMEX doit articuler trois dimensions stratégiques :
L'Article 23 de NIS2 octroie aux autorités nationales des pouvoirs d'inspection et de contrôle accrus. Le reporting devient alors une "pièce à conviction" lors d'un audit.
L'utilisation de plateformes automatisées garantit l'intégrité des données. Le CISO doit pouvoir extraire un historique démontrant que les mesures de sensibilisation ont été ajustées en fonction des menaces émergentes documentées dans le rapport annuel de l'ANSSI sur les menaces et l'ingénierie sociale (deepfakes, vishing assisté par IA, etc.).
Le reporting au Board est une preuve de gouvernance. En connectant le risque humain aux indicateurs de résilience opérationnelle et de valeur de l'entreprise, le CISO protège non seulement l'organisation, mais aussi la responsabilité personnelle de ses dirigeants.
KnowBe4 (2025) : Phishing By Industry Benchmarking Report.